Privacy pour les nuls

Partout où je me ballade sur la Toile, on parle des problèmes de « privacy » sur Facebook. La nature humaine est ainsi faite que quand on a du succès, on veut en profiter d’une part, et qu’on adore détester ce qu’on a adulé d’autre part. Personne n’est parfait.

M’étant de plus récemment inscrite sur Tweeter, je me mets donc à paniquer : est-ce que certaines personnes physiques ou morales vont avoir accès à des informations que je préfèrerai garder pour moi, voire ne partager qu’avec quelques proches ?

Au premier abord, pas tant que ça. J’ai la chance d’être trop vieille pour que Facebook ait existé du temps où j’étais étudiante (et les photos étaient à peine numériques à l’époque), donc je suis plutôt safe de ce côté là. Je n’ai aucun souci à ce qu’on sache qui est ma sœur ou mon mari. Je n’ai pas honte de mes amis, même ceux que j’ai croisé quelque part et retrouvé sur Facebook même si je ne les ai pas vus depuis belle lurette. Bon, il y a bien les quelques jeux dont je me suis entichée (et ça c’est pas glorieux), mais grosso modo ça devrait aller.

Si je n’ai donc pas peur qu’un employeur actuel ou futur soit découragé ou choqué par mon profil (et le peu que je laisse visible aux non-initiés en particulier), il reste la problématique de la vente des informations me concernant à des sociétés tierces qui vont en profiter pour me harceler sur des sujets plus ou moins proches de mes envies selon qu’ils exploitent plus ou moins bien les infos (de plus en plus rare) à leur disposition.

Mais ça, c’est comme les apéros géants : Facebook n’a rien inventé, rien changé, rien innové. Déjà La Redoute dans les années 90 vendait ses fichiers de clients (à l’époque, ils avaient plus de 8 millions de foyers en base sur les 20 et quelques millions de foyers français), et ils pouvaient les trier sur des critères donnés (panier moyen, tailles achetés en vêtements, présence ou pas d’articles pour enfants dans les paniers, etc.). Et personne ne criait au scandale quand on recevait une lettre qui nous proposait de participer à un jeu ou de donner à une charité. Et j’aurai pu prendre pour exemple tout un tas de sociétés, la Redoute n’étant pas « mauvais » dans son utilisation des données. C’est juste du business.

Donc à tous ceux qui ont cru que parce que les créateurs de Facebook étaient jeunes et sympas au moment du lancement, ils n’allaient pas à un moment donné rêvé de faire de leur idée une machine à cash, je dis, arrêtez de rêver. Il n’y a que les ONG pour ne pas chercher à faire de profit, et encore, c’est parce qu’elles cherchent autre chose. Arrêtons de diaboliser Facebook, qui, certes, surfe sur son succès et change subrepticement sa politique de partage d’informations. C’est mal, oui. Mais ce n’est rien comparé à BP qui refuse d’investir l’argent nécessaire pour réparer une fuite de gaz sur une plateforme qui déverse son pétrole à cause de cela depuis quelques semaines avec des conséquences désastreuses pour la Louisiane, vous, moi. Et j’ai pas vu autant de gens demander le boycott de BP que ceux qui prêchent pour éliminer les comptes Facebook.

Ah, et au sujet des sociétés qui spamment à partir des infos sur votre compte Facebook, une dernière chose : si ça ne vous intéresse pas, ne leur répondez pas et désinscrivez vous quand c’est possible, mettez les sur liste noire sinon. Même moi, pourtant non-geek par excellence, je sais faire. Et soyez honnêtes avec vous-mêmes : Facebook ne sait de vous que ce que vous avez bien voulu lui dire… Et si ce sont vos amis qui ont parlé de vous, « get more mature friends », comme dirait Lifehacker.

Comments
4 Responses to “Privacy pour les nuls”
  1. Guillaume G dit :

    Je partage totalement ton avis… charge à nous de bien gérer l’information que l’on souhaite partager sur Facebook…

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  1. […] pas ? J’avais déjà pas mal écrit sur Facebook, et en particulier les problèmes de privacy, donc je me sentais […]

  2. […] Facebook, tout en reconnaissant qu’il s’agissait surtout d’exercer un peu de retenue quant aux informations partagées. Et de ne pas oublier que les écrits […]

  3. […] a Comment  Hier, c’était le Quit Facebook Day. Il y a 15 jours, je vous disais ce que j’en pensais. Depuis quelques jours, Slate.fr publie une série d’articles sur les réseaux sociaux de […]



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